A propos des tableaux de la série “Under the rainbow”



Sous les nuages, dans la forêt, vivent des êtres qui rêvent de partir.
Mais les racines les retiennent et la terre, elle-même prisonnière, est leur unique terreau.
Sous les nuages, dans la forêt, les êtres se croisent mais s’ignorent,
Les pixels de leurs âmes fuient,
Sans même savoir quel chemin choisir.
Sous les nuages, sous l’arc-en-ciel, se livre une bataille sans merci,
Entre le coeur de ces êtres, et leur esprit.


05-03-2020


Ces pensées tentent en vain de mettre en mots les éclats de couleurs que sont
les tableaux de Martin Coiffier, inspirées par le refrain chanté par Judy Garland dans “Le magicien d’Oz”:

“Quelque part, au-delà de l’arc-en-ciel, bien plus haut,
Il y a une contrée dont j’ai entendu parler une fois dans une berceuse.
Quelque part, au-delà de l’arc-en-ciel, les ciels sont bleus,
Et les rêves qu’on ose rêver,
Deviennent vraiment réalité.”



Martin utilise la photographie et la peinture en s’inspirant autant du romantisme pictural du dix-neuvième siècle, que des arts numériques d’aujourd’hui. Il transforme de cette façon des forêts qu’il a photographié en tableaux d’énergie vive, qui oscillent entre le figuratif et l’abstraction. Le paysage devient une partition qui porte des notes de couleurs, une explosion d’émotion, une invitation à la rêverie, un départ vers l’imaginaire.

Ses travaux sont à l’origine de photographies extrêmement détaillées que Martin prend lui-même dans des forêts. Il les recompose ensuite numériquement,  les imprime au traceur sur un papier d’art épais et texturé pour peindre finalement dessus à l’acrylique, au pinceau. Les techniques et les visions se fondent en autant de couches qui donnent ainsi plusieurs dimensions, plusieurs plans d’observation.


Tableaux à partir de photographies
Quelle relation entretient-on avec un sujet représenté par une oeuvre, selon qu’elle soit photographie ou peinture ?  Figurative ou abstraite ? Le sujet que l’observateur identifie reste-t-il ce que l’artiste a voulu représenter, ou est-il ce que l’observateur est en train de projeter sur l’oeuvre ?

Martin Coiffier utilise les instruments numériques sans complexe,afin de réaliser des collages invisibles. Ce qui lui permet de jouer sur le réalisme de la représentation d’un sujet qui est bien réel (une forêt où il a lui-même herré) mais qui devient une réinterprétation propre dès l’ors qu’elle passe par le prisme de l’observation de l’artiste et de la retouche.
Les touches de peinture viennent créer les détails et la matière indispensable pour travestir définitivement ce qui à la base était un enregistremement réaliste, en vision purement personnelle et intérieure, qui de surplus devient par moment abstraite.

Les forêts se transforment en reflet de l’âme.